• renelle gaudin

#Résolution: En 2021 je libère mes esclaves ! ⛓



Je viens d’apprendre que 40 esclaves travaillent pour moi et ma famille et j’ai du mal à assumer… je ne leur ai jamais demandé de travailler pour moi ! … et pourtant, quand je consomme de l’électronique ou des biens de consommation courants importés, ou quand je m’habille - ça je m’en doutais ! -, ma consommation repose sur le travail d’esclaves de l’autre côté de la planète.

Comment ?, pourquoi ?, quoi faire pour que ça s’arrête ?

Grace au questionnaire de slaveryfootprint.org, je peux estimer combien d’individus sont forcés à travailler sans être payés correctement ou contraints au travail forcé non rémunéré pour produire les biens que je consomme.


Les développeurs du site ont enquêté sur les abus aux droits de l’homme dans les chaînes d’approvisionnement de nos biens de consommation - « de l’avion à l’abricotier en passant par le cobalt ».

Ils ont ensuite construit un modèle qu’il décrivent comme un « génome » de nos biens de consommation, puis un algorithme a été développé pour calculer le nombre d’esclaves qui contribuent à la production de nos bijoux, voitures, vêtements, portables,…

Quand j’ai entendu parler de ce questionnaire, ça m’a tout de suite rappelé une image que j’ai vue récemment à une exposition sur l’esclavage (c'est l'image en intro de l’article).

Quand Candide arrive au Surinam, il s’indigne en voyant un esclave blessé et meurtri et lui pourquoi il est dans cet état. L'esclave lui répond :


"Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas.

C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe."

Candide, Voltaire, Chapitre XIX, 1759

Pour mémoire, j’ai déjà abordé plusieurs fois le sujet de l’esclavage moderne, notamment en présentant des documentaires dérangeants, voire parfois glaçants, sur le sujet: au Cambodge, en Inde, abordant le travail des enfants, le combat pour le syndicalisme ou les ouvrières cambodgiennes qui préfèrent encore la prostitution au travail en usine de confection !!!


C’est vrai, on ne peut pas toujours imaginer ce qui se cache derrière ce que nous consommons.

En achetant un vêtement, en tant que client final, nous sommes à l’origine de toute une série d’impacts sur l’environnement, les personnes impliquée dans la production et le transport, dont nous ne sommes pas nécessairement conscients: le magasin a acheté à un grossiste, qui a lui-même payé un fabricant , qui a une usine et des fournisseurs, etc, etc.

Cela reprend l’idée des impacts cachés de nos achats sur l’écosystème (cf. Notre empreinte cachée de Babette Porcelijn, Seuil, 2020).


Les fabricants ne communiquent pas spontanément sur leur impact, il n’est généralement pas dans leur intérêt de parler des conséquences néfastes de leurs processus de production. C’est pourquoi l’importance prise récemment par les politiques de RSE, et la demande croissante de transparence des consommateurs sur les chaines d’approvisionnement sont cruciales pour faire évoluer les pratiques vers plus de respects des droits humains (et de l’environnement).


Des applications ont d’ailleurs vu le jour ces dernières années, qui nous aident à nous faire une idée plus claire de ce qui se cache derrière nos achats vestimentaires (Viji ou Clear Fashion en France, par exemple). Une fois qu’on en sait plus sur le niveau de respect des droits de l’homme (/de l’environnement) de la chaine d’approvisionnement ou de production, on agit en conscience !

En ce qui concerne l’entreprise qui a mis au point le questionnaire slaveryfootprint, les retombées ont été énormes puisqu’il a contribué à des changements législatifs aux USA (« lois anti esclavage moderne », cf. un précédent article du blog "Et la loi dans tout ça ?") et a pu s’entretenir avec la maison blanche (sous la présidence de Barack Obama), l’ONU, le Vatican, …

Il a depuis fondé plusieurs entreprises (médias / tech) qui aident les entreprises à y voir plus clair dans leur chaine d’approvisionnement avec toujours ce souci de mettre un terme à l’esclavage moderne. Il a notamment collaboré avec SAP pour ses logiciels ERP - mais je n’ai pas pu trouver d’info détaillée …


Pour info, slaveryfootprint.org nous apprend que les occidentaux ont individuellement en moyenne 25 esclaves qui travaillent pour eux. Le site nous permet aussi de visualiser sur un planisphère les endroits du monde où travaillent ces esclaves.


A notre niveau, ce que l’on peut déjà faire, c’est lire les étiquettes (d’où ça vient ?), utiliser les applis qui nous guident dans nos achats, et ne pas acheter quand on voit un objet trop bon marché et fabriqué à l’autre bout du monde - c’est toujours plus que suspect, parque c’est au prix de l’esclavage que se fait la fast fashion (entre autres biens de consommation bon marchés).

Bon ok, c’est pas le post le plus joyeux du monde pour un début d’année, là je vois bien que je ne vous vends pas du rêve, mais en cette période de bonne résolution, ça me semble le bon moment pour aborder ce sujet et passer à l’action une bonne fois pour toutes.


« La pédagogie est affaire de répétition » … alors j’aborderais certainement encore ce sujet dans des posts à venir ;))


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