• renelle gaudin

L'impact du Covid 19 sur l’industrie de la mode đŸ˜·

Mis Ă  jour : avr. 10

Le virus n’a pas Ă©pargnĂ© l’industrie de la mode, et il est intĂ©ressant de voir les solidaritĂ©s qui ont Ă©mergĂ©, les rĂ©flexions qu’il engendre chez les crĂ©ateurs et surtout les actions que nous pouvons prendre, depuis chez nous, pour limiter les impacts dĂ©vastateurs de cette pandĂ©mie sur les travailleuses.eurs prĂ©caires qui fabriquent nos vĂȘtements (lire cet article de HRW).




Photo de Edwin Hooper sur Unsplash


Baisse de la demande et annulation des commandes


L’incertitude Ă©conomique qui rĂšgne en ce moment et le confinement Ă  la maison sont un cocktail mortel pour l’industrie de la mode. Pas de client, ça signifie souvent l’annulation des commandes passĂ©es et futures et donc des problĂšmes Ă©conomiques majeurs (en plus des problĂšmes sanitaires) pour les travailleuses.eurs du Bangladesh, d’Inde, du Cambodge, de Chine
 Certains grands donneurs d’ordres ont garanti le paiement des commandes en cours, d’autres pas - Fashion Revolution tient Ă  jour une page dĂ©diĂ©e au problĂšme, mise Ă  jour quasi quotidiennement, et qui nous tient informĂ©.e.s des actions que nous pouvons prendre pour soutenir ces travailleuses.eurs:

  1. envoyer un email Ă  nos marques favorites pour leur demander d’honorer les contrats existants, afin de permettre aux travailleuses.eurs de traverser la crise actuelle; ça semble pas grand chose, mais si nous sommes nombreux Ă  nous montrer concernĂ©s je pense que ça peut avoir son effet;

  2. faire un don Ă  des ONG qui aident les travailleuses.eurs qui ont perdu leur emploi;

  3. faire un don Ă  Fashion Revolution pour qu’ils puissent continuer Ă  nous tenir informĂ©s et Ă  lancer des campagnes de mobilisation.


Chiffres Fashion Revolution, 8 avril 2020



Chacun fait ce qu’il peut, je sais que nous sommes beaucoup sollicitĂ©s pour des dons en ce moment, dans un climat Ă©conomique incertain pour nous aussi
 mais franchement envoyer un email ça ne mange pas de pain - perso, j’ai envoyĂ© Ă  3 marques dĂ©jĂ  (au service client ou Ă  l’email de contact en bas de page). Je l’avais dĂ©jĂ  fait pour la campagne #whomademyclothes et j’avais reçu des rĂ©ponses immĂ©diatement - lĂ  j’attends encore leur retour


Pour l’anecdote, certaines personnes confinĂ©es prennent quand mĂȘme le temps de passer des commandes au point que certains magasins en ligne ont saturĂ© sous l’afflux ! Et qu’est ce qu’ils commandent ? Cet article de Harper’s Bazaar nous donne un indice: les ventes en ligne de pantalons de jogging ont augmentĂ© de 50 % ! Le confinement aurait-il pour effet de baisser nos standards de mode ;) ?


Un autre effet de la baisse / l’annulation des commandes, citĂ© dans le mĂȘme article, se fait ressentir en Australie, oĂč l’on est en pleine pĂ©riode de tonte des moutons (90% de la production mondiale de laine quand mĂȘme !) et oĂč les pertes financiĂšres seront « pires que les consĂ©quences Ă©conomique des feux de cet hiver » - pour cette industrie. Mais les australiens semblent rester confiants et rĂ©silient 
 et vendent leur laine Ă  la Chine, qui a repris le travail.

Solidarités pour les masques


Face Ă  la pĂ©nurie de masques en France de nombreux ateliers de confection se sont proposĂ©s pour fabriquer des masques en tissu. Cette mobilisation inĂ©dite et spontanĂ©e de la filiĂšre textile concerne autant l’industrie du luxe que celle du prĂȘt porter: Saint James, Plim, LVMH, Eminence, Tuffery, 1083, Les Tissages de Charlieu, Ateliers Joly ou encore Boldoduc (qui emploie Ă©galement des dĂ©tenus) 


Tous contribuent Ă  cet effort, partout en France (plus d’infos sur cette page dĂ©diĂ©e de l’Usine Nouvelle).


Vous pouvez, vous aussi, confectionner votre masque. Youtube regorge de tutos, par exemple celui du masque en papier du professeur Garin, recommandé par l'Académie Nationale de Médecine: ici.; ou encore des tutos pour se faire des visiÚres sur le site stop-postillons.fr.

Le futur de la mode ?


Les crĂ©ateurs n’échappent pas Ă  la rĂšgle et se retrouvent eux aussi confinĂ©s. Comment continuent-ils Ă  crĂ©er sans leurs Ă©quipes ? Quelles nouvelles idĂ©es Ă©mergent de cette pĂ©riode ?

D’aprĂšs l’article de Harper’s Bazaar, beaucoup arrivent Ă  continuer leur activitĂ© grace aux outils de travail Ă  distance, et d’autres en profitent pour faire des vidĂ©os ou des tutos
 je vous signale par exemple celui de Jeremy Scott dans le live quotidien de Miley Cyrus, qui nous apprend Ă  transformer notre vieux pantalon de jogging :) [dernier tiers de la vidĂ©o, ici]


D’autres, enfin, en profitent pour rĂ©flĂ©chir Ă  la mode d’aprĂšs le confinement: Quelles leçons tirer de cette expĂ©rience ? Comment construire une industrie plus rĂ©siliente ? Plus durable ? J’ai trouvĂ© peu d’articles sur le sujet (celui d’Harper’s Bazaar citĂ© plus haut est assez Ă©vasif sur le sujet). Les pistes qui semblent ressortir sont:

1/ de consommer moins de matiÚres « neuves » (donc intégrer plus de matiÚres de seconde main, moins gùcher de matiÚres neuves);

2/ de produire le plus possible en local - relocalisation « en douceur, et de façon solidaire » selon les termes de Fashion Revolution;

Et enfin, ce mot de conclusion plein de bon sens de Kim Shui (https://www.kimshui.net)

« Ce dont la mode a besoin en ce moment, c’est que nous restions Ă  la maison ! ».


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Et vous, avez-vous envoyĂ© des emails Ă  vos marques prĂ©fĂ©rĂ©es pour qu’elles honorent leurs commandes ? Avez-vous fabriquĂ© votre masque ? Que pensez-vous que l’industrie de la mode puisse tirer de la pandĂ©mie ?

Merci de vos commentaires :)

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