• renelle gaudin

Je swape, tu swapes, nous swapons

Vous savez tout le bien que je pense de l’échange / troc de vêtements - le swap - qui est une solution win-win-win pour rafraichir sa garde robe (1) sans dépenser un kopek, (2) sans polluer la planète et (3) sans exploiter de main d’oeuvre. Il y a celles qui swapent sans le savoir (l’échange de quelques fringues avec une copine ou une soeur) et celles qui swapent à plus grande échelle, dans une swap-party ou via une application ou un groupe facebook.



Dans des articles précédents j’ai plusieurs fois mentionné l’application swap-chic, un vide dressing éco-responsable qui propose l’échange (le swap) et la vente de vos vêtements. Cette application web permet de mettre en ligne et de partager avec les autres personnes inscrites les vêtements que l’on souhaite échanger (ou vendre), et qui propose des lieux (des « swap places », souvent des cafés, des salons de thé ou des concept stores) pour se retrouver et valider (ou pas) l’échange. La remise en main propre est la spécificité de swap-chic, qui mise ainsi sur le contact humain et l’opportunité, pourquoi pas, de se faire de nouvelles amies - en tous cas bien plus chaleureux et plus écolo que les envois par colis à l’autre bout de la France ! Swap-chic ne propose que des échanges entre femmes, pour plus de sécurité au moment des rencontres.


J’avais très envie d’en savoir plus et j’ai demandé à Angélique Gabro, la fondatrice de Swap-chic, de se prêter au jeu d’une petite interview, que nous avons réalisée il y a quelques jours. Merci encore à Angélique pour son temps-à un moment où les affaires sont sur le point de reprendre - on attend tous la réouverture des cafés et restaurants !!!

Quand je l’interroge sur son parcours, j’apprends qu’Angélique n’a pas suivi d’études dans le milieu de la mode, même si elle a toujours été passionnée par le sujet. Sa découverte du swap et des modes alternatifs de consommation de la mode ont eu lieu durant un long séjour de plusieurs années à Vancouver. Là-bas, les swap-parties sont une occasion de se retrouver entre copines, et de rencontrer les copines de ses copines, après le travail, 1 à 2 fois par semaine (!)

Difficile de retracer l’origine de ces after work… mes recherche ne m’ont mené qu’en 1995 en Californie, mais je me doute que la pratique remonte à plus loin encore. J’ai aussi trouvé qu’il existe un National Swap Day en Australie, mais je ne sais pas si c’est très officiel (?).


Difficile aussi de trouver des données sur la pratique du swap en France… autant on en trouve sur les achats de seconde main, autant la pratique du troc n’est pas bien renseignée. C’est certainement parque c’est une pratique informelle et qui échappe donc aux radars de l’analyse économique / sociologique. Vivement une enquête du CREDOC sur le sujet !

Donc, une fois adepte convaincue du swap, et de retour en France, Angélique a voulu y développer le concept. Mais c’était sans compter sur le développement exponentiel de la fast-fashion, qui fait des ravages et nous endort à coup de prix bas et de renouvellement constant de l’offre. Le chemin a donc été long et difficile pour convaincre de l’intérêt du projet. Les premiers à accrocher au concept ont été des étudiants étrangers en séjour en France (!) déjà familiarisés avec le concept.


L’autre réticence a été de convaincre qu’on pouvait gagner de l’argent sur un principe d’échange gratuit … comment en vivre ? (vu que l’appli web elle-même est complètement gratuite et qu’aucune commission n’est prélevée) Angélique a trouvé des solutions, et elle nous en dira plus prochainement sur le blog de swap-chic :)


Le développement de l’appli a été l’occasion d’un apprentissage par essai-erreur. Avant la sortie officielle en février de cette année de l’application web, il y a eu une version ordi bêta, où la parole a été donnée aux premiers membres, et c’est à la suite et grâce à leurs commentaires qu’il a été décidé de sortir l’application web. Angélique a appris « en marchant », en faisant appel d’abord à un développeur en Inde puis en France - sans financement - et la plate forme a été mise en ligne au bout de 3 ans.

Dès la mise en ligne, et sans beaucoup de comm’ au début, les premières adeptes ont été séduites et ont relayé positivement sur les réseaux sociaux. Puis le soutien de plusieurs influenceuses a continué de rendre l’appli plus visible.

S’il n’y a pas de profil « type » d’utilisatrice aujourd’hui, puisque les inscrites habitent dans des zones très diverses (ville, petit village, …) et ont de 20 à 60 ans, une petite majorité est quand même composée de femmes de 30 à 45 ans.

Il semblerait que depuis 1 an, une prise de conscience générale des dégâts de la fast-fashion ait lieu et que ce modèle de consommation commence à s’épuiser. Du coup, on note un engouement pour la mode éthique, la seconde main et… une belle fenêtre d’opportunité pour le swap !


A ce jour, swap-chic est surtout principalement développé en région PACA, sa région d’origine, mais l’activité se développe maintenant sur toute la France. Allez vous inscrire pour voir ce qu’il en est dans votre région et alimenter l’offre ! - moi j’ai déjà mon compte ;)


L’équipe qui porte le projet s’est maintenant étoffée de plusieurs compétences spécialisées: marketing, référencement, développement, finance; et une levée de fonds est prévue dans les semaines qui viennent.

En parallèle, un appel au financent participatif a été lancé sur OkPal, pour développer l’entourage IOS et Android de l’appli (elle est déjà adaptée au format mobile, mais cela permettre de la proposer au téléchargement sur les app stores - donc plus de visibilité).

Au passage, de nouvelles fonctionnalités seront ajoutées à l’appli (à suivre… !) et le site internet (application web) va également être retouché.



En résumé, voici une solution éco-responsable pour rafraichir indéfiniment nos penderies, qui n’a plus besoin que de nous pour atteindre les sommets ! Une alternative à la fast-fashion / aux envois de colis impersonnels; Une belle idée pour faire circuler nos vêtements, rencontrer du monde, découvrir de nouveaux endroits sympas à proximité. Comme le dit Angélique « une fois qu’on a fait le premier pas, on est convaincue » CQFD.

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